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Faciliter l’accueil et l’intégration des migrants par le droit - ASSFAM

Fiche rédigée par Céline Guyot et Chantal Hénocque (ASSFAM)



Créée en 1951 à l’initiative du Ministère de la Santé publique, sous le nom de Service Social Nord Africain, l’ASSFAM conduit aujourd’hui en France une mission d’accueil et d’accompagnement à l’intégration aux migrants de toute nationalité.

L’ASSFAM est un service social spécialisé destiné à faciliter l’intégration des migrants et contribuer à leur insertion dans une optique de promotion dans la société française. Ses actions s’adressent aux nouveaux arrivés en France, à qui rencontre des problèmes spécifiques liés à la migration, et aux personnes immigrées ou d’origine étrangère en difficulté d’insertion sociale et professionnelle.


Repérer les besoins des migrants âgés sur le terrain

L’ASSFAM a pris conscience de la nécessité d’aller à la rencontre des migrants en difficulté, notamment les migrants âgés qui ne sont pas toujours en mesure de formuler leurs besoins, ou ne veulent pas être en position de demandeur.

Constatant l’isolement des personnes migrantes âgées et l’abandon de ce public par les administrations, les intervenants de l’ASSFAM se sont rendus sur les marchés pour aller à leur rencontre. Ces personnes ont semblé être résignées, prêtes à renoncer à leurs droits. Comment faire en sorte que ces personnes en situation de grande précarité se mobilisent ?

Le travail mené par l’ASSFAM a consisté en une phase de repérage des besoins, nécessaire pour ensuite proposer une stratégie d’intervention. Il a été constaté que l’isolement, le manque de reconnaissance et la dévalorisation du vécu des migrants engendraient chez ces derniers un sentiment d’inutilité : inutilité d’être et d’agir.

Des rencontres intergénérationnelles pour revaloriser le vécu des migrants âgés

Les interventions ont pris la forme de rencontres et d’échanges entre les personnes migrantes âgées et les jeunes d’un collège du nord de Paris. L’ASSFAM a organisé des présentations de parcours de vie dans l’établissement : chaque jeune devait relater l’histoire vécue par un migrant âgé.

Cette activité a suscité un vif intérêt chez les participants, qui ont repris possession de leur histoire grâce au regard souvent admiratif et valorisant des jeunes. En reprenant confiance en eux, ils ont pris conscience du fait qu’ils possédaient des droits et qu’il était nécessaire de se regrouper pour les défendre. Rompre l’isolement, reconnaître et valoriser, donner confiance, voilà les premières actions à mettre en place pour mener à la mobilisation.

Informer les jeunes grâce à une pédagogie participative

Parfois, les besoins des migrants sont repérés par des acteurs sociaux qui les signalent à l’ASSFAM. Ainsi, plusieurs assistantes scolaires ont fait part de questionnements des jeunes sur l’accès à la nationalité française. L’ASSFAM a alors mis en place des journées ou demi-journées d’information autour de ce sujet, à destination des jeunes.

Comment parler de notions juridiques de manière accessible et pédagogue ? Il ne s’agit pas de transformer les participants en juristes confirmés mais plutôt de les conduire vers ce qu’ils cherchent. A cet effet, l’ASSFAM utilise des techniques d’animation de groupe qui conduisent les participants à débattre à partir de leurs représentations et ainsi à envisager des réponses collectives. Les animateurs n’utilisent pas de vocabulaire juridique et se servent d’outils pédagogiques créés par l’ASSFAM. Ceux-ci prennent souvent la forme de schémas, de tableaux, de quiz, de jeux de rôle et de mises en situation. Le jeu permet en effet d’impliquer les participants et de les mettre dans une position d’acteur. Le jeune part ainsi à la recherche de ce qu’il veut savoir. Ces méthodes s’articulent autour de trois grandes questions : Que doit connaître la personne ? Que doit-elle comprendre ? Comment peut-elle s’approprier la connaissance ?

Des formations auprès des acteurs pour mieux comprendre le public migrant

Le contact avec le public migrant a révélé les problèmes qu’il rencontre auprès des institutions et des administrations pour accéder à ses droits.

L’essoufflement d’une mobilisation citoyenne est aussi dû à la difficulté des acteurs administratifs ou des représentants des institutions de répondre aux questions du public. Nombreux sont ceux qui ont exprimé le besoin d’être informé et formé sur la spécificité de ce public notamment en matière de droit des étrangers.

Des formations sont proposées aux acteurs concernés par les migrants (salariés de PMI, travailleurs sociaux de conseils généraux…).

Par exemple, en complémentarité aux journées d’information des jeunes sur la nationalité, une formation des assistantes sociales scolaires a été proposée sur ce sujet.

Ces journées de formation sur le droit des étrangers sont à la fois l’occasion pour l’ASSFAM de transmettre des apports juridiques dans ce domaine (sources du droit, textes en vigueur, titres de séjour…) ainsi que d’aborder les spécificités du public migrant et l’approche l’interculturelle.

L’expérience a montré que lorsque le droit est situé dans son contexte, la personne se l’approprie plus facilement. Le droit doit sortir des livres pour devenir un outil de mobilisation.

Contact :

Association Service Social Familial Migrants, 5 rue Saulnier, 75009 PARIS / 01.48.00.90.70 / celine.guyot@assfam.org / assfam.org


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Mots-cl�s Europe - France - Droit des étrangers - Echanges d’expériences - Immigration - Sensibilisation au droit -

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