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Face à la crise dans laquelle se trouvait plongé leur pays, les Argentins ont investi, pendant plusieurs semaines (2001- 02), les rues de différentes villes du pays pour exprimer leur révolte. Confrontés à des difficultés majeures (chômage, chute de la monnaie, absence de liquidités...) et ne pouvant rien attendre de l'Etat, ils se sont réunis, à la suite des manifestations de rue, dans des assemblées de voisins, de quartier ou assemblées populaires. A Buenos Aires, capitale du pays, la plupart des quartiers possèdent désormais leur assemblée.
Ces assemblées décident de façon autonome, à partir de règles qu'elles déterminent elles-mêmes, des actions collectives à mener sur le quartier. Certaines assemblées font fonctionner des cantines populaires dans la rue ou dans des lieux qu'elles occupent, d'autres ont investi des terrains vides pour y assurer une petite production agricole, d'autres encore ont reconverti un ancien marché public pour y vendre des produits et services à bas prix, etc.
Au fil des mois, leurs rapports avec les pouvoirs publics ont évolué. L'assemblée de voisins du quartier de Palermo Viejo est par exemple parvenue, au terme d'un important processus de mobilisation, à négocier avec la Mairie locale un contrat d'un an renouvelable lui permettant d'assurer la gestion d'un ensemble immobilier inoccupé appartenant à cette dernière.
Ensemble, c'est sur l'avenir politique et social de leur pays que les habitants réfléchissent et débattent. Ils ont créé les espaces nécessaires à leur participation citoyenne et sont parvenus à faire des assemblées, non seulement des lieux de rencontres et de reconstitution du lien social, mais aussi des lieux de proposition et d'action dans les quartiers.
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