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Atelier-Débat ’Les Philippins à table : quels droits au menu ?’

Échanges avec Bernado D. Larin de l’organisation Philippine Human Rights Information Center (PhilRights) sur les méthodes et actions possibles pour faire respecter le droit à l’alimentation en impliquant la population.



A partir de l’expérience de la société civile philippine, l’atelier a proposé aux participants de réfléchir aux actions qui pourraient être réalisées pour faire avancer le respect du droit à l’alimentation.


Manger à sa faim, nourrir sa famille avec des aliments de qualité de façon autonome et durable en cohérence avec sa propre culture est un droit de l’Homme au même titre que l’interdiction de la torture, la liberté d’expression, de réunion et d’association. Les droits de l’Homme sont indivisibles et interdépendants, la négation d’un droit entraîne en cascade des conséquences dramatiques et de multiples autres violations des droits humains, tant civils que politiques ou économiques, sociaux et culturels(1). Ainsi la violation du droit à l’alimentation aura des conséquences sur les droits à un niveau de vie suffisant, à l’éducation, au travail, de jouir du meilleur état de santé physique et mental, etc. Les États sont soumis aux obligations de respecter, protéger et mettre en œuvre des politiques pour la réalisation des droits.

Des discussions lors de l’atelier « Les Philippins à table, quels droits au menu ? », ressort le fait que la société civile doit se mobiliser pour faire respecter ses droits et les faire évoluer en fonction de ses besoins. Aux fins d’exigibilité ou de justiciabilité(2) de ses droits, la société civile peut lancer différents types d’actions.

L’élément essentiel auquel celle-ci doit veiller avant de débuter quoique ce soit, est de rester légitime, tout au long des actions, en prenant en considération les besoins des populations (et leurs évolutions) en veillant à inclure les citoyens dans les différentes initiatives.

Il est indispensable de mutualiser les efforts et compétences de chacun afin de garder une légitimité et rester efficace. Ceci inclut de se regrouper en réseau avec des acteurs divers, former des para-juristes(3) pour que les populations connaissent leurs droits, créer avec les populations des indicateurs nationaux pour vérifier le respect des droits, etc.

Mener à bien ces actions passe par la sensibilisation de l’opinion publique et des autorités (plaidoyer, médias, utiliser les mécanismes des Nations-Unies adéquats), mais aussi par porter les cas devant des instances extra-judiciaires ou judiciaires.

L’alliance de sociétés civiles de divers pays au niveau mondial permet de renforcer les compétences de chacun grâce à l’échange de méthodes(4) et d’outils ainsi qu’accentuer la pression internationale pour que les droits soient respectés partout et pour tous.

(1) La distinction des droits en deux catégories a été consacrée par l’adoption en 1966 de deux Pactes, l’un relatif aux droits civils et politiques, l’autre aux droits économiques, sociaux et culturels, tous deux entrés en vigueur en 1976.

(2) L’exigibilité consiste à exercer une pression sur les responsables politiques pour qu’ils assurent à travers l’intervention publique la réalisation effective des droits. La justiciabilité est la possibilité de recourir à des dispositifs et institutions juridiques pour assurer la protection des droits de l’Homme. Rapport alternatif sur les droits économiques, sociaux et culturels, Guide méthodologique, 2009, p. 8, téléchargeable :http://www.agirpourlesdesc.org/IMG/...

(3) Les para-juristes sont des membres d’une communauté ayant suivie une formation juridique accélérée et qui se mettent au service de cette même communauté afin de lui faire gratuitement connaître ses droits grâce à des moyens adaptés. Il dépendent d’une association de base qui assure leur formation et le suivi de leurs activités.

(4) Voir le site internet du programme d’échange d’expérience sur les méthodes d’exigibilité des droits économiques, sociaux et culturels : www.agirpourlesdesc.org

Intervenants : Bernardo D. Larin (PhilRights) / Claire De Grave (Terre des Hommes France) / Anne-Laure Fages-Plantier (Juristes-Solidarités)

Organisé par : Terre des Hommes France / Juristes-Solidarités


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Compte-rendu de l’atelier
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